Dossier Sauvage, encore…

Selon le site d’info Le Monde,

les filles de Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans de prison pour le meurtre de son mari violent, ont déposé vendredi 2 décembre à l’Elysée une demande de « grâce totale », une semaine après le rejet en appel de sa demande de libération conditionnelle, ont annoncé ses avocates. « Une pétition de plus de 300 000 signataires sollicitant la libération immédiate de leur mère a été jointe à cette demande », ont précisé Mes Nathalie Tomasini et Janine Bonaggiunta. Dans leur lettre adressée à François Hollande, les trois filles de Jacqueline Sauvage se disent « désespérées » de ne pas avoir leur mère près d’elles, « inquiètes pour son état de santé » et « craignant pour sa vie ». Elles disent aussi ne « plus » savoir « comment intervenir face à toutes ces interminables procédures qui n’aboutissent pas ». La semaine précédente, se disant « épuisée par ce parcours judiciaire », [Madame Sauvage] avait renoncé à se pourvoir en cassation après que la cour d’appel de Paris eut rejeté sa demande d’aménagement de peine, à laquelle le parquet général ne s’était pourtant « pas opposé ».

Ces informations sont cohérentes avec les articles que nous avons publié : la « grâce partielle » de François Hollande apparait comme un leurre. Après les révélations sur les pensées du président à propos de la justice, on peut penser que les milieux judiciaires ne vont plus bouger sur ce dossier.

Pour le tribunal d’application des peines, toute personne qui réagit, même dans la sidération, à une menace grave de la part d’un être violent et harcelant, en le tuant, doit montrer la même honte de son geste, le même regret total, et donc le même parcours pénitentiaire et psychologique que si c’est l’être violent qui a agi. Autrement dit, une personne opprimée et harcelée ne peut que fuir la situation et laisser l’oppresseur sans sanction aucune ; car si elle agit contre son oppresseur (non avec prémédiation, mais en situation proche de la légitime défense), elle devient la personne qui violente, l’oppression qu’elle a subie doit être gommée et elle doit ‘assumer’ la totalité de sa culpabilité.  L’appareil d’application des peines ne peut accepter qu’un(e) coupable puisse envisager de dans la balance son statut de victime. C’est ainsi que la domination masculine se lit dans l’action de la justice : un mari assassin, qui assumera plus aisément sa culpabilité, sera plus vite libérable que la femme (victime) qui tue pour se protéger.

Dans un procès du mois passé, une femme accusée des mêmes faits que Madame Sauvage avec le même passé de harcèlement, a été condamnée, elle, à huit années de prison.  C’est pour moi la preuve que ces situations sont plus courantes qu’on ne veut le voir.

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