« Un père et sa fille tués par balle à L. » (Cachez ces violences conjugales…)

En lisant le titre ce matin, on est intrigué. Pourquoi ce crime ? Cliquer pour lire, ou non ?

Les faits : Un ex-petit ami assassine sa copine de 16 ans, ainsi que le père de celle-ci (tandis qu’une jeune sœur parvient à s’enfuir). Il rentre chez lui et retourne l’arme contre soi.

Le titre. Vous avez deux minutes. Vous devez parler des victimes et faire un drame avec un meurtre, pour remuer dans les chaumières (aujourd’hui, dans les smartphones).

Donc « A tue B et C » devient « C et B sont tués ». Bizarre.

Ajoutez : A (le meurtrier) et C (la 2e victime) sont des hommes. Tiens, l’homme meurtrier a disparu et la victime masculine est mise en avant : « un père ». La victime féminine n’est plus qu’accessoire de l’homme : « sa fille » ; age indéterminé.

Ainsi est escamotée la violence masculine d’un gars sur sa (ex-) conjointe (violence qui est de loin la plus fréquente, que ce soit pour les coups, les viols, les meurtres). Ainsi la colère est détournée.

En lisant le titre, on est intrigué. Pourquoi ce crime ? Querelle de voisins, intrusion d’un voleur, règlement de comptes entre malfrats, acte terroriste ? Vous vous interrogez, et votre colère est déjà émoussée ! Circulez, il n’y a rien pour émouvoir !

(Une manière de dire construite par une agence, donc reprise par tous les journaux. Ne dit-on pas qu’il faudrait former les journalistes au traitement de ce genre de faits ? On voit que plusieurs twittos, dont un journaliste guinéen, ont rectifié d’eux-mêmes).

« L. : Une jeune fille de 16 ans et son père assassinés par un ex-petit ami. »

  • (Des éléments de contexte, du Luxemburger Wort, postérieurs à cet article, qui confirment une violence masculine dans le cercle intime : «L’ancien petit ami de ma fille aînée leur a tendu une embuscade », explique Edith Derdeyn, épouse de Thierry et mère de Camille. «Il les attendait dans le garage. Il a ouvert le feu, avec un révolver, quand mon mari et nos filles, de retour d’une balade en quad, y sont entrés, vers 21 heures ».  La mère de famille se rappelle que la rupture entre les deux jeunes gens ne date pas d’hier. « Ils se sont séparés il y a 18 mois. Il était très exclusif et possessif avec ma fille. Elle a mis un terme à cette relation car elle n’acceptait plus qu’il l’isole de son entourage. Cela dit, il n’a jamais été violent avec elle. Je pense que dimanche, il a pété les plombs, pour une raison qui m’échappe. Son père avait prévenu la police qu’il avait dressé une liste de gens à abattre. » C’était 24 heures avant les faits…)
Publicités
Cet article a été publié dans Féminisme. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s