Il renonce clairement à son privilège, pour favoriser la parité

Un tel renoncement n’est pas courant. Ce n’est encore qu’une démarche individuelle, mais il faut la saluer, car elle est rare, originale. Et au moment où le machisme s’est révèlé encore une fois avec force dans le milieu politique (1), c’est encourageant.

C’est le site « Sans compromis — féminisme pour le progressisme« , qui fait un excellent travail d’information et de commentaire de l’actualité, qui nous l’apprend : un ministre de la province de l’Ontario, au Canada, a remis sa démission pour laisser la place à une femme.

L’Ontario, ce n’est pas rien : 13 millions d’habitants, un territoire grand comme l’Egypte, une force économique équivalente à la Suisse, entourant la capitale Ottawa comme l’Ile de France entoure Paris. Mais ce n’est pas un État national, c’est vrai.

Et donc le Ministre des affaires municipales de l’Ontario, Ted McMeekin, a décidé, après mure réflexion, d’offrir sa démission à la première ministre, Kathleen Wynne, afin de permettre l’élection d’une femme et favoriser ainsi sa politique de parité.

« Je ne vais pas vous dire que ce fut une décision facile. Même avec tous mes privilèges et mes avantages, il y a une partie de moi qui veux encore crier : ‘Ce n’est pas juste’ », concède Ted McMeekin, qui dit avoir motivé sa décision en pensant à ses trois filles. « J’ai songé à elles, j’ai souvent rêvé d’un jour où la question de la parité entre les sexes ne se poserait même pas, parce qu’elle serait tout simplement prise pour acquis. »

Ce n’est qu’un petit pas pour la parité (ce gouvernement compte 19 hommes et 6 femmes) et donc un tout petit pas de rien du tout « pour l’homme »… mais c’est courageux pour celui qui pose ce geste, qui fait ce pas de côté. L’homme fut assistant social, et longtemps élu territorial (maire, délégué de territoire), devenu député en s’opposant à une fusion territoriale. Il avait appuyé la candidature d’une femme à la présidence de son parti, laquelle est devenue ensuite première ministre. Il a 68 ans et redeviendra député après le changement ministériel.

Hélas, quand on pense au nombre d’hommes politiques soupçonnés et poursuivis par la justice de leur pays et qui s’accrochent au pouvoir, ce petit geste désigne un horizon qui ne sera acquis que très lentement !  On est loin d’un basculement. Aucun homme ne peut se rengorger, se vanter, se réclamer de ce geste au profit du genre masculin dans son ensemble !

(1) Récemment, la député française de l’Isère Michèle Bonetton (élue écologiste par désistement des socialistes en 2012)  a eu ce commentaire : « De tous les milieux professionnels que j’ai connus, le milieu politique est le plus machiste ».

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