Les féministes pro-sexe veulent faire taire les survivantes de la prostitution

Je n’ignore pas que la question de la prostitution est, pour les féministes, un sujet source de clivage, de division. Je n’ai pas à prendre position là-dessus, en tant qu’homme (pas de ‘mecsplication’).

Je considère que, pour ce qui regarde les hommes, il n’y a pas de clivage possible. Les hommes doivent s’interdire de réclamer de la prostitution et d’y recourir. Il n’est pas possible de lutter contre la banalisation du viol, la tolérance de la violence faite aux femmes, si on trouve tolérable la prostitution, qui est du viol dont le consentement est acheté par l’argent. (Et souvent dépassé par l’abus : voir aussi le premier texte de ce blog).

On me dira que c’est une position morale et que les institutions n’ont pas à faire de morale. Et alors ? En fait, notre démocratie, les Constitutions sont des lois morales, qui écartent certaines pratiques comme contraires aux valeurs prônées comme projet de vivre ensemble. La morale est en permanence institutionnalisée par nos lois. La Sécurité sociale, par exemple, est une légalisation de la solidarité entre les travailleurs, elle est venue se substituer à la bienfaisance (XIXe siècle) et, avant elle, à la ‘charité’. Elle s’affirme ‘universelle’ plutôt que sélective (en faveur des seuls ‘bons pauvres’). La loi intervient dans la sphère privée : en matière d’inceste, de viol entre époux par exemple.

Le viol est un crime. La violence aux femmes dans la sphère privée est un crime. Alors le recours à la prostitution comme client en est un également. Et l’incrimination des clients est une application juste d’une règle morale à adopter.

Ensuite, la disponibilité de la prostitution est un poison qui nourrit la domination masculine, la course à la virilité, le sexisme, le non-respect des femmes. On a dit que l’incrimination des clients allait frapper d’abord les femmes, dans leur liberté et leur précarité. Je le sais. Mais, d’un point de vue anti-domination masculine, on ne peut en faire l’économie.

Enfin, le recours à la prostitution est un appel d’offre à l’industrie du sexe. Comme la demande de pornographie photographique, elle nourrit l’investissement dans cette industrie violente ‘en notre nom’.

J’écris brièvement ces quelques mots en résonance avec le texte que je reproduis ici et que j’ai apprécié.

 

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